JEAN-MARC ROUILLAN

Jean-Marc Rouillan, autobiographie sommaire

Jean-Marc Rouillan est né en Gascogne le 30 août 1952 aux alentours de 19h30 selon la légende familiale. Une famille très à gauche avec un père ancien résistant et pivertiste. C’est l’époque de la guerre d’Indochine.

Il grandit et fait sa communale durant la guerre d’Algérie. De guerre coloniale en guerre coloniale ponctuant l’histoire de ce pays, il atteint l’adolescence. Et Mai 68 l’emporte dans la tourmente de son insurrection étudiante et ouvrière : Toulouse, Paris… ici ou là sur les routes. C’est l’époque de la guerre du Vietnam.

Comme il le dit lui-même, deux chances ont illuminé sa vie : avoir 16 ans en 1968 et vivre cette période à Toulouse, la capitale de l’Espagne antifranquiste, l’Espagne de la FAI et des maquis… Sa jeunesse est marquée par le contact avec les révolutionnaires de juillet 1936. Et ceux qui ont poursuivi le combat armé jusque dans les années 60.

Très tôt il saisit le message de Raoul Vaneigem retranscrit dans son traité de savoir-vivre : « Dans une société ayant détruit toute aventure, la seule aventure possible est désormais de détruire cette société. »

Jean-Marc Rouillan s’y emploie avec toute l’opiniâtreté héritée de ses origines paysannes. Bombe après bombe comme les sillons succèdent aux sillons, il avance avec les saisons. D’abord avec les jeunes fils de réfugiés espagnols, dans l’activisme encore limité des groupes d’action. Et comme anarchiste, il collabore dans sa ville à la pratique des maos de la Gauche Prolétarienne.

À l’automne 1970, lors du procès de Burgos au Pays basque, il rejoint les groupes d’appui à ETA VI° assemblée. Il choisit la voie des armes.

Il participe ainsi à la première grande vague du mouvement de lutte armée en Europe. La RAF en Allemagne. Le Gruppo du 22 ottubre en Italie…

Pour lui la contestation de la manière bourgeoise de faire de la politique passe également par la contestation permanente et radicale du monopole de la violence par l’État au profit des profiteurs.

Au cours des années 70, il combat à Barcelone dans les rangs du Mouvement Ibérique de Libération (MIL). Il participe à cette aventure jusqu’à l’ultime fusillade au cours de laquelle Salvador Puig Antich sera blessé et arrêté. Salvador (voir le film de Manuel Huerga), premier film en catalan dédié au dernier supplicié au garrotte vil. Il participe à la fondation des GARI et à leurs aventures explosives aux quatre coins de l’Europe (voir le documentaire de Nicolas Réglat Gari). Arrêté, il sera libéré lors de l’amnistie décrétée à la mort du dictateur Franco.

Mais déjà, le mouvement de l’autonomie politique enflamme le continent.

À peine dans la rue, il reprend les armes. D’abord avec les Italiens de diverses organisations. Puis il participe à la fondation d’Action Directe et reste membre du mouvement jusqu’à son arrestation en février 87. Il agit avec des combattants de nombreux pays, allemands, italiens, palestiniens, libanais, turcs, espagnols… il affirme que l’internationalisme est une action pratique immédiate.

Il agit ainsi dans la seconde grande vague de lutte armée sur le continent qui débute avec les enlèvements de Schleyer en Allemagne et Moro en Italie.

Il subit vingt-cinq années de prison d’une seule traite. Il sera libéré en mai 2012.

À partir de 2000, il témoigne de ses aventures carcérales. Et de ses années de lutte armée de l’après 68.

Depuis il a publié plus de quinze livres sous son nom ou sous des noms d’emprunt dont :

  • Je hais les matins, Denoël, 2001
  • Glucksamschlipszig, le roman du Gluck, L’Esprit frappeur, n° 115, 2003
  • Lettre à Jules, Agone, 2004
  • La Part des loups, Agone, 2005
  • De mémoire (1), Agone, 2007
  • Le Capital humain, L’arganier, 2007
  • Chroniques carcérales (2003-2007), Agone, 2008
  • Les Viscères polychromes de la peste brune (Avec 21 interventions de Dado), Éditions de La Différence, 2009
  • De mémoire (2), Agone, 2009
  • Paul des épinettes et moi : Sur la maladie et la mort en prison, Agone, 2010
  • Infinitif présent, Éditions de La Différence, 2010
  • De mémoire (3), Agone, 2011
  • Autopsie du dehors, Éditions Al Dante, mars 2012
  • Le Tricard, Chronique du dehors d’un interdit de séjour, Éditions Al Dante, 2013
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