NOEL GODIN

Noël Godin, biographie séléctive

Noël Godin (dit aussi Georges Le Gloupier lorsqu’il porte une barbe et un nœud pap) revendique le terrorisme loufoque comme mode d’action politique privilégié. Cet agitateur anarcho-humoristique belge né à Liège en 1945 s’est rendu célèbre par ses entartages à bout portant de personnalités du spectacle, de la politique et de la finance particulièrement pète-sec et imbues d’elles-mêmes.

En 1968, à Louvain-la-Neuve, Marguerite Duras fut la première gloire du jour à se faire spectaculairement entarter. Depuis, Godin et ses complices de l’Internationale pâtissière ont arrosé de crème fraîche une centaine d’autres cibles prestigieuses parmi lesquelles Nicolas Sarkozy, Bill Gates, Patrick Bruel, Jean-Pierre Chevènement et les journalistes PPDA et Jean-Pierre Elkabbach. Mais ont également mangé de la chantilly par les narines le leader populiste suisse Christoph Blocher et celui du Vlaams Blok belge Filip De Winter, le ministre des Finances hollandais Gerrit Zalm, les Premiers ministres d’Australie (Steve Brack), de Pologne (Jerzey Buzek), d’Irlande (Bertie Ahern) et du Québec (Jean Charest), l’ex-chancelier d’Allemagne Helmut Kohl, les présidents de la Chambre mondiale du commerce, du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, les big boss de Maxxam, Monsanto, General Atomics, le roi de Suède Carl XVI Gustaf. Bernard-Henri Lévy détient jusqu’ici le record avec sept tartes en pleine poire.

Noël Godin a fait également scandale en révélant qu’il avait méthodiquement saboté son travail de chroniqueur cinématographique pendant une dizaine d’années dans la revue catholique belge Amis du film et de la TV en y incrustant à la louche des fausses nouvelles et des fausses interviews ainsi que de nombreux compte rendus de films inexistants illustrés avec des photos de famille.

Nourri aux cartoons de Chuck Jones, aux gags radiophoniques de Jean Yanne et aux manifestes dadaïsto-situationnistes, il écrit, notamment, dans les canards de combat CQFD et Siné mensuel. Il apparaît dans les films du tandem Delépine-Kervern et incarne le narcissique écrivain belge Pierre Mertens dans La Vie sexuelle des Belges n°1, n°2 et n°4 de son désaltère ego Jan Bucquoy. Il est l’auteur, entre autres, d’une fort dodue Anthologie de la subversion carabinée, rééditée trois fois, et de ses souvenirs de guérillero pâtissier (Crème et châtiment ; Entartons, entartons les pompeux cornichons !).

Lorsqu’il reçoit le Grand Prix de l’humour noir en 1995 et celui du Rire de résistance en 2013, Noël Godin s’auto-entarte espièglement.

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