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AFP : entretien vidéo Rouillan et Godin

 FRANCE INTER : Il existe un endroit par Alexandre Héraud

Un portrait complet de Jean-Henri Meunier à écouter ici :

Jean-Henri Meunier, un biopic dans sa cuisine de Najac, Aveyron

CHRONIQUE RADIO NOVA diffusée le 29 septembre 2015

Vous écoutez Radio Nova, un bon plan francilien avec la projection ce soir du film Il faut savoir se contenter de beaucoup du réalisateur Jean-Henri Meunier. Après avoir suivi des musiciens comme le pianiste Ray Lema ou le violoniste Dr L. Subramaniam le temps de documentaires talentueux, après avoir filmé la vie comme elle va le temps d’une trilogie en immersion dans le quotidien de son village de Najac, Jean-Henri Meunier récidive et avec talent, mettant la vie en scène le temps d’un film exigeant et poétique sur l’engagement.

Son sujet tient en large partie dans ses deux héros, Jean-Marc Rouillan connu pour son activisme au sein d’Action Directe et en liberté conditionnelle depuis 2012, et Noël Godin, agitateur anarcho-humoristique belge connu pour ses entartages… Il ne s’agit jamais ici d’endoctriner, de défendre des thèses terroristes ou de glorifier les grandes heures d’action directe, mais plutôt de filmer au plus près deux consciences engagées dans un road movie sans voiture à la recherche d’une bribe de révolte dans notre société désillusionnée. C’est en Grèce que ça pète, c’est donc aux origines de la démocratie que les deux veulent se rendre, en quête d’une brindille qui pourrait démarrer un feu… Mais pas question d’y aller si ce n’est en cadillac décapotable noire… Les voilà donc partis à la recherche de la bagnole idéale. Drôle de trip, drôle de couple. Comme deux gamins qui joueraient à élaborer des plans pour sauver le monde… De Paris à Bruxelles en passant par un camp de gitan dont le chef n’est autre que Sergi Lopez ou un campement de post-soixante-huitards qui occupent un terrain pour résister à la construction d’un barrage entre poules et dreadlocks… Ceux qui luttent sont bien peu nombreux, et tout cela paraît bien mou aux deux héros qui agrémentent leur périple de quelques réflexions bien senties sur l’état des choses. Leur relation, amicale et intellectuelle, pudiquement fraternelle, éclaire le film de douceur. À bonne distance, la caméra de Jean-Henri Meunier danse en liberté entre soirées arrosées, grandes idées, rencontres improbables, marches à pied le long des rails à la recherche du temps perdu, à la recherche d’un second souffle.

Engagé, humain, simple, drôle, parfois triste, profond, instantané, réjouissant, voilà quelques adjectifs qui collent à ce vent de liberté et à la pellicule de ce film de Jean Henri Meunier, qui nous engage et nous encourage à plus d’exigence… De quoi réveiller nos consciences et notre appétit d’un monde meilleur.

UN AXE UNE PRISE

Par Nan Aurousseau, écrivain-Cinéaste. Avril 2015

C’est dans une époque complètement verrouillée par les marchands de lessive et de boulettes pour chats que J.H. M donne le meilleur de lui-même dans un film d’une liberté de ton assez ébouriffante. J.H.M a tourné son film sans aucun soutien des décideurs professionnels d’une profession sclérosée jusqu’à la moelle et dont certains acteurs dévorent pour un film obèse le budget de cinquante autres. Mis à part le soutien indéfectible de ceux qu’ils nomment ses frères, d’une petite boîte de prod indépendante (entre2prises) ainsi que Film Factory avec l’action directe et fraternelle de Philippe Akoka,  J.H.M travaille sans filet. Funambule sur son film on pourrait parler à son propos d’un cinéma héroïque, d’un cinéaste travaillant très exposé sur le front du film improbable. Il s’agit donc d’un cinéaste de toute première importance sous ses allures de dernier de la classe avec son bras en or, son bras d’honneur à un système qui l’exclu de la main gauche, un système qui aujourd’hui rejette systématiquement (c’est le propre d’un système) tout ce qui n’est pas formaté pour des festi-veaux trop policés et dégoulinants de bonne conscience.
Pour en revenir au film lui-même, il est composé d’une matière opposée à tout système narratif étiqueté. J.H.M. ne donne rien à lire à personne et c’est sa force, sa résistance. Il écrit son film au jour le jour et sans papier, avec ses acteurs et sa caméra en guise de stylo. Par ailleurs c’est un cinéaste d’une très grande précision, comparable en cela à un tireur d’élite : un axe, une prise. C’était sa feuille de route pour « Faut savoir se contenter de beaucoup ». Avant de tourner son premier film (L’adieu nu) J.H.M. était photographe. L’axe est bien sûr aujourd’hui toujours le meilleur et pour la prise il a mis le doigt dedans depuis l’enfance de l’art.

Certains puristes du « Jeu d’acteur » feront la moue en écoutant la voix très haute perchée de Noël Godin confrontée au laconisme longuement travaillé dans les Q.H.S. par Jean-Marc Rouillan. Ils auront tort, obligatoirement tort, de se moquer du ravi de la crèche et de son compagnon de route revenu de tous les enfers.


Par Jean Asselmeyer

Faut savoir se contenter de beaucoup. Film de Meunier, avec Noël Godin, Jean-Marc Rouillan. C’est dans le contraste de ces deux hommes qui avancent ensemble, unis par une même essence, que l’on perçoit que la révolution est possible …
Ils marchent, ils se parlent, ils rencontrent. Ils cherchent une voiture, pas n’importe laquelle, une Cadillac noire des années 70 (!) et pourtant ils marchent et marchent encore. De temps en temps, ils roulent malgré tout, et parfois ils s’assoient dans des cafés, des bars, abribus, ils sont même un moment sur un bateau et un moment, un beau moment, JM est allongé, au sein de l’eau immensément bleue de la Méditerranée.
Ils marchent et traversent des lieux improbables de nature, exubérante, curieusement cultivée, des voies ferrées bordées de grillages, ils escaladent, ils glissent, ils se hissent du moins Noël sorte de Tati, du Hulot plus costaud mais aussi lunaire et naïf et décalé.
Et ils se parlent, les mots sont des bulles qu’il faut attraper et saisir et garder en soi car ils sont précieux, jamais inutiles toujours sensés. Ils se parlent, mais de quoi, de révolution, ces deux hommes l’ont en eux, sont en eux-mêmes subversifs, parce qu’ils sont autres, ils ont en eux ce décalage qui fait que l’on peut changer la réalité par ce que l’on est.
Ils rencontrent, des femmes et hommes en lutte, des femmes et hommes différents qui sont par eux-mêmes aussi témoignages.
Ils marchent, ils se parlent, ils parlent à d’autres et parfois ils s’arrêtent et de parler et de marcher, tout est alors dans le regard, tout est dans l’attitude des corps, tout prend alors un poids de silence statique.
C’est dans le contraste de ces deux hommes qui avancent ensemble, unis par une même essence, que l’on perçoit que la révolution est possible.
Et l’on retrouve dans ce film de Meunier la même qualité d’être au sens d’être humain et au sens d’exister que dans « Ici Najac, allo la terre ».
On peut aller voir le film en salle mais cela se mérite comme pour tous les films de qualité. A Paris, c’est AU CINEMA ESPACE SAINT-MICHEL A PARTIR D’AUJOURD’HUI. Après, il faudra suivre les programmations et visiter la page facebook, car ce film comme tout ce qui a du sens dans notre société capitaliste a dû se faire sans argent et ne sera diffusé que par le bon vouloir de ceux qui se reconnaissent dans l’œuvre de Meunier.
Au fait, de quoi parle ce film. De révolution ou plus exactement d’être révolutionnaire et là-dessus les deux héros et ceux qu’ils rencontrent en connaissent un rayon.
http://linter.over-blog.com/2016/02/faut-savoir

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